AUSTRALIE  
     
  Dans le monde, l’Australie est considérée comme l’un des pays les plus avancés dans la réduction des risques. Adoptée en 1985, la réduction des risques accepte que les gens utilisent des drogues illicites et cherche à réduire au minimum les inconvénients de cette pratique. En conséquence, la réduction des risques met, de manière caractéristique, peu l’accent sur la prévention de l’utilisation de la drogue.

La salle de shoot de Kings Cross a ouvert à Sydney en 2010, elle est située à 25 mètres en face de l’entrée de la gare Kings Cross sur Darlinghurst Road.

Lors de son sommet sur la drogue, le gouvernement de la Nouvelle-Galles-du-Sud recommanda l’essai de salles de shoot en vertu des trois raisons suivantes :
1. Cela était censé faire baisser les morts par surdose.
2. Cela était censé être une passerelle vers le traitement.
3. Cela était censé réduire le problème des seringues laissées sur place et des drogués qui s’injectaient dans les lieux publics.

En outre :
Cela était censé apporter la sécurité aux personnes qui s’injectaient des drogues et vivaient avec la menace d’une surdose

Mais :
1. De toute évidence, cela n’a pas sauvé la moindre vie.
2. Cela a donné lieu à un taux très faible de conversion
vers des traitements ou des rémissions.
3. En aucun cas, cela n’a réduit le problème des seringues

   LES PREUVES APPORTÉES INDIQUENT QUE LA SALLE DE SHOOT A OCCASIONNÉ LES TROIS PROBLÈMES

10 choses cruciales que vous avez besoin de savoir :

1 – En 2006, à l’intérieur de la salle de shoot, seulement 31 % des injections étaient des injections d’héroïne. Les substances telles que l’« ice », hautement destructives à long terme mais ne présentant pas de risques élevés de surdose immédiate, sont communément injectées, comme l’est la morphine sur ordonnance.

2 – L’OICS a spécifiquement « accusé » l’essai de la salle de shoot de Kings Cross d’être en infraction avec les conventions internationales contre l’usage de drogue illicite. Cet essai n’utilise pas d’héroïne légale, mais dépend plutôt de la procuration illégale d’héroïne des clients, transportant illégalement de l’héroïne et utilisant illégalement de l’héroïne. En outre, si l’essai de la salle de shoot avait été valide, l’évaluation de 2003 aurait dû marquer la fin de l’essai. Les résultats auraient dû être expédiés à l’OICS et la salle de shoot fermée.

3 – En moyenne, sur chaque injection faite par un usager, une seule l’était dans la salle de shoot, en dépit d’avoir dit au public que chaque injection d’héroïne était potentiellement fatale. La salle de shoot est si peu employée que la moyenne des injections est de 200 par jour malgré une capacité de 330 par jour.

4 – Basé sur les chiffres des surdoses publiés par le centre d’injection médicalement supervisé (MSIC), le taux d’overdoses dans la salle de shoot était trente-six fois plus élevé que dans les rues de Kings Cross.

5 – Le taux élevé de surdoses a été attribué par le propre rapport d’évaluation du MSIC aux clients prenant plus de risques avec des doses plus élevées d’héroïne dans la salle de shoot. Plus d’héroïne injectée signifie plus d’héroïne vendue par les dealers de drogue de Kings Cross.

6 – Actuellement, 1,6 % des Australiens ont déj consommé de l’héroïne. Cependant, d’après les sondages, 3,6 % des répondants de Nouvelle-Galles-du-Sud – pour la plupart pour la première fois – auraient utilisé de l’héroïne si une salle de shoot était à leur disposition, ce qui, potentiellement, doublerait le nombre d’utilisateurs.

7 – L’évaluation par le Gouvernement de quatre vies sauvées par an ne prend pas en compte le taux énormément accru de surdoses. Après ajustement à des taux élevés, la salle de shoot a statistiquement sauvé 0,18 vie dans sa période d’évaluation de 18 mois.

8 – Seulement 11 % des clients de la salle de shoot ont été adressés à un traitement de prise en charge, désintoxication ou réhabilitation, 35 % des clients ont été envoyés en désintoxication, et seulement 1 % enregistré à la réhabilitation. Aucun des principaux centres de réhabilitation de Sydney tel qu’Odyssey House, WHOS ou The Salvation Army n’a jamais aperçu une des références.

9 – La salle de shoot n’a pas amélioré la tranquillité publique. Elle a évidemment conduit les dealers à ses portes. La réduction du nombre d’injections sur la voie publique et de seringues jetées à Kings Cross est seulement due à la diminution de la distribution de seringues, du fait de la rareté de l’héroïne. De récents rapports indiquent l’augmentation du nombre de seringues jetées sur la voie publique.

10 – L’évaluation de la salle de shoot, financée par le Gouvernement, a été publiée le 9 juillet 2003. Une grande partie des données de ce rapport provient de cette évaluation. Elle a été réalisée par une équipe de cinq chercheurs. Trois d’entre eux étaient les collègues du directeur de la salle de shoot à la Faculté de médecine universitaire de Nouvelle-Galles-du-Sud. Un quatrième chercheur faisait partie de ceux qui durant le sommet de la Drogue de Nouvelle-Galles-du-Sud en 1999 ont proposé l’essai de la salle de shoot. Drug Free Australia a remis en cause l’indépendance de cette équipe d’évaluation.

Réellement, sauver des vies ?

Seules deux statistiques ont besoin d’être connues pour démontrer que la salle de shoot ne peut probablement pas sauver ne serait-ce qu’une vie, statistiquement, par an.

Statistique 1 :
Moins d’1 % des usagers dépendants de l’héroïne meurt d’une surdose chaque année en Australie.

Statistique 2 :
Un usager dépendant d’héroïne se fait « au moins » trois injections d’héroïne par jour.

En reliant ces deux statistiques, il est clair que la salle de shoot aurait besoin d’accueillir 300 injections par jour (c’est-à-dire assez d’injections pour cent héroïnomanes s’injectant trois fois par jour) avant qu’ils ne puissent clamer qu’ils ont sauvé une vie (1 %) parmi ces 100 qui seraient morts.
Mais la salle de shoot ne compte qu’une moyenne de 156 injections d’héroïne par jour depuis que sa période d’évaluation est terminée.

Est-ce que le nombre énorme de surdoses dans la salle de shoot est le signe que de nombreuses vies sont sauvées ou la révélation d’expérimentations risquées avec la drogue parce que la sécurité est assurée ?

L’évaluation de la salle de shoot réalisée en 2003 par le National Drug and Alcohol Research Centre (NDARC) a noté un taux élevé de surdoses (leurs propres données faisaient état de surdoses quarante-deux fois plus nombreuses chez leurs propres clients qu’avant la salle de shoot) et, à la page 62, on minimise le fait que : « ils pourraient avoir pris plus de risques et ont utilisé plus d’héroïne dans la salle de shoot ».

Témoignages d’expérimentations risquées
D’ex-clients de la salle de shoot qui ont fait une cure de désintoxication sont d’accord. Comme l’atteste le témoignage de deux ex-clients, les taux élevés de surdose sont dus à des clients qui expérimentent des cocktails de drogue ou des doses plus élevées afin d’obtenir leur plus beau « voyage ».

Voici un tel témoignage :

« Ils se sentent beaucoup plus en sécurité, tout simplement parce qu’ils savent qu’ils peuvent être ramenés à la vie rapidement. Ce que les drogués recherchent dans l’héroïne et dans les pilules est de s’en sortir le mieux possible, comme ils peuvent, c’est comme être virtuellement endormi, mais éveillé en même temps pendant quatre à cinq heures. En l’occurrence, pour arriver à cela, vous devez tester vos limites. Et c’est en testant vos limites que vous en arrivez au moment critique ».

Cela semble confirmé par un client du programme PM d’ABC, le 9 juillet 2003 :

NICOLAS : Eh bien ! vous savez, nous, les junkies, comme on dit, nous mélangeons les drogues en quelque sorte. Nous ne nous préoccupons pas vraiment de ce qui arrive à notre corps tant que nous avons notre drogue, nos cocktails, ce qui, comme vous le soulignez, peut s’avérer létal de temps à autre. Et, c’est vrai, j’en suis arrivé à la surdose de temps en temps et j’ai dû avoir recours au Narcan pour revenir à la vie.

Incontournable – 5,4 millions de dollars pour sauver une vie
Si l’on utilise la même méthode de calcul pour le nombre de vies sauvées que celle utilisée dans la seule étude majeure sur les salles de shoot à travers le monde (European Monitoring Centre, « European Report on Drug Consumption Rooms », 2004), la salle de shoot ne peut statistiquement sauver qu’une vie tous les deux ans pour un coût de 5,4 millions de dollars par vie.

Le même financement pourrait sauver des centaines de vies
L’injection de 5,4 millions de dollars dans des programmes de désintoxication ou des établissements utilisant du Naltrexone sauverait littéralement des centaines de vies. Les centres de désintoxication ont de longues listes d’attente et doivent refuser le traitement à certains utilisateurs qui le voudraient bien. Les établissements de distribution de Naltrexone évitent toute surdose ; à ce jour, les 7 000 implantations sont largement financées par un seul médecin en Australie occidentale. Des centaines de familles et d’amis à réunir, mais tous les fonds vont dans la salle de shoot ; pour un bénéfice si faible…

L’incapacité des partisans de la salle de shoot à regarder la vérité en face
La salle de shoot cite l’appui de l’association médicale NSW Australian Medical Association et du Royal Australian College of Physicians comme indicateur clair que la salle de shoot est un « succès ».

Cependant, il suffit d’une seule question pour démontrer que de telles organisations n’ont pas réussi à regarder la réalité en face, en particulier l’analyse de « Drug Free Australia ». Cette question est… celle des vies sauvées.

Il est clairement établi dans des études australiennes qu’un héroïnomane sur cent meurt chaque année d’une surdose. Une cohorte de 100 héroïnomanes, qui s’injectent de l’héroïne en moyenne 110 000 fois par an, en tant que groupe, connaîtront de manière évidente une seule injection fatale pour 110 000 injections sur une année, si on considère le 1 % qui meurt chaque année. Mais la salle de shoot assure seulement 55 000 injections d’héroïne par an, prenant ainsi deux ans – et 5,4 millions de dollars – pour ne sauver qu’une vie.

Cette méthode de calcul des vies sauvées est précisément la même que celle utilisée par le centre de surveillance européen (European Monitoring Center) pour calculer ses estimations dans son étude sur les salles de shoot à travers le monde, elle est en parfait accord avec les résultats du comité Canadian Expert Advisory Committee au sujet d’INSITE.

Si ces organisations avaient étudié les faits, elles ne pourraient sans doute pas assumer une telle gabegie des fonds publics.