CANADA  
     
  INSITE, la première salle de shoot d’Amérique du Nord, a ouvert dans le Downtown Eastside à Vancouver (Canada) en 2003. Depuis cette date, le recours au Narcan est en constante augmentation (le Narcan est administré en cas de surdose).

Ce que vous avez besoin de savoir sur INSITE :

Statistiquement, une seule vie sauvée par an.
Malgré le fait qu’INSITE revendique plus de 400 injections d’opiacés par jour dans son local, le double du nombre des injections pratiquées à Kings Cross, le calcul des experts (Expert Advisory Committee) arrivait à une seule vie sauvée par an. Ceci indique que les affirmations de « Drug Free Australia » selon lesquelles la salle de shoot de Sydney (en moyenne, il y a moitié moins d’injections dans la salle de Kings Cross qu’à INSITE, moins de 160 injections d’opiacées par jour) ne peut même pas sauver une vie par an concordent avec la méthodologie canadienne.

Pas d’impact sur les surdoses dans le quartier
D’après le rapport annuel « Selected Vital Statistics and Health Status Indicators » du Gouvernement de Colombie-Britannique en 2005, le nombre de morts par surdose s’est accru chaque année autour de la salle « INSITE », grimpant de 49 en 2002 à 50 en 2003 (année de l’ouverture d’INSITE), puis à 64 en 2004 et à 77 en 2005.

Taux d’utilisation bas
Le Comité d’Experts (Expert Advisory Committee) a signalé que plus de 8 000 personnes ont visité INSITE pour s’injecter des drogues. 18 % – ou 1 506 de ces 8 000 personnes – représentent 80 % de la totalité des visites à INSITE. Moins de 10 % ont utilisé INSITE pour la totalité des injections. Le nombre moyen de visites est à peu près de huit. Si l’on considère seulement les 1 506 injecteurs qui se sont rendus le plus régulièrement dans le Centre, ce qui représenterait cumulativement entre 6 000 et 9 000 injections quotidiennes, le faible montant de 500 injections dans INSITE ne représente au mieux qu’une injection sur douze au sein du dispositif.

Doute sur les chiffres du VIH
Différentes évaluations publiées par voie de presse sur
les impacts d’INSITE sur la transmission du Sida révèlent des effets positifs, mais le Comité consultatif d’experts n’a pas été « convaincu que toutes ces affirmations étaient entièrement valides ».

Présence policière impactant la criminalité
Les études dans les journaux, élogieuses sur l’impact d’INSITE sur la criminalité locale liée à la drogue, ont ignoré complètement l’augmentation de la présence policière. Ce qui suit est une citation de la Police de Vancouver, quand elle fut interrogée sur sa présence autour d’INSITE :
« Oui, quatre officiers par jour, vingt-deux heures par jour, sept jours par semaine, pour une durée d’un an entre septembre 2003 et septembre 2004 à l’intérieur de la zone à tout moment, avec un accès direct pa téléphone cellulaire avec le personnel de la salle de shoot. Ces officiers étaient payés doubles pendant toute l’année pour les interventions en dehors des heures. L’accord de Vancouver finançait cela. Durant la même période, soixante autres officiers ont été déployés dans cinq autres zones et y sont toujours à l’heure qu’il est. La police était en charge des désordres publics, les désordres publics liés à la salle de shoot. »

Aucune référence évidente à la réadaptation
Lors des entretiens de l’Institut de la politique des drogues, les directeurs des cinq centres de traitement de la région ont tous déclaré n’avoir aucune connexion avec INSITE ni avec aucun client venant d’INSITE. Tous ces établissements proposent des traitements obligatoires et tous ont indiqué que le traitement lui-même, et non pas INSITE, était la clé pour résoudre les problèmes de drogue, ceci incluant l’addiction, le crime, la maladie, les problèmes de santé mentale et les désordres publics.

Une étude publiée en 2007 confirme que le bilan d’INSITE serait plus que mitigé : peu de réduction de la transmission de maladies, pas d’impact sur les morts par surdose à Vancouver et peu d’évolution des drogués vers des traitements de longue durée.

De sérieux problèmes sont notés dans les rapports d’évaluation d’INSITE et l’interprétation des conclusions. En particulier, les évaluations publiées et tout spécialement les rapports dans les médias font état de conclusions optimistes, sous-estiment ou ignorent les conclusions négatives, concluent à des faits sans signification, et par-dessus tout, donnent l’impression qu’INSITE est un succès, alors même que la recherche montre clairement une carence sur l’impact et le succès du programme.

Les conclusions publiées révèlent en fait peu ou pas de réduction de la transmission de maladies par le sang ou de réduction des désordres publics, pas d’impact sur les morts par surdose à Vancouver ; une utilisation individuelle très sporadique par les individus ; une incapacité à atteindre les personnes plus tôt dans leur évolution dans les injections ; et peu ou pas de cas d’évolution des drogués vers des traitements de longue durée ou vers la rémission.

Le fait que les évaluateurs et les bailleurs d’INSITE aient malgré tout salué le programme comme un succès
révèle un problème grave dans la politique antidrogue actuelle. Il est argué du fait que la réduction des risques a largement influencé les gouvernements et les institutions civiles, et a ainsi politisé l’action contre la drogue. Les preuves contre cette philosophie et les pratiques qui en découlent sont ignorées, l’information est manipulée dans ce sens, les voix qui s’élèvent dans l’opposition sont de moins en moins incluses dans le dialogue et une attitude défensive s’est instaurée. Cela ne peut qu’être préjudiciable à la réduction des problèmes de drogue, et produire des effets négatifs sur la prévention et le traitement.

Les évaluations d’INSITE telles que rapportées dans différentes revues de recherche incluent l’exagérations considérables de certaines conclusions, la sous-évaluation ou l’omission des conclusions négatives, et dans certains cas, la discussion peut confondre les lecteurs. Les rapports ne font état d’aucun impact sur les points qui pourraient le plus remettre en question son existence : la diffusion du VIH ou des autres maladies transmises par le sang, provoquant la mise en traitement de certains consommateurs et leur éloignement de la drogue, qui limitent de fait les morts par surdose. L’impact en matière de désordres publics qui est reapporté est discutable, et tellement minimisé qu’il en est confondant. Des « conclusions de nature illusoire » sont rapportées et peuvent aussi apporter la confusion. Ce sont des conclusions auxquelles d’aucuns pourraient s’attendre, mais qui n’ont pas de signification réelle.

La conclusion principale n’est abordée d’aucune manière dans les rapports. Les données de tous les rapports suggèrent que seul un faible pourcentage d’usagers de drogues par injection utilise INSITE pour la majorité de leurs injections. La plupart des drogués ne l’utilisent que de temps en temps ou pas du tout.

L’impression globale que l’on retire de l’analyse de la recherche est que les données sont bien plus exploitées que garanties. En aucun cas, la recherche ne soutient l’expansion d’INSITE. Pire encore, elle pousse à l’essai de solutions alternatives qui seraient beaucoup plus prometteuses, non seulement pour la réduction de la maladie, mais aussi pour éloigner les personnes de la drogue.