Encourager l'adoption de services  
     
  Bien sûr, attirer les toxicomanes n’est qu’un premier pas. En plus d’avoir besoin d’un endroit sûr pour les injections, les clients des salles de shoot semblent souffrir de maladies physiques ou mentales, et sont souvent sans domicile et sans emploi. Ils manquent également souvent de réseaux sociaux capables de les mettre en relation avec les services sociaux. Les partisans de ces salles arguent du fait que l’atmosphère de « bas seuil » des salles de shoot leur permet d’avoir une série de services alternatifs, ainsi que des passerelles vers d’autres services. Une mesure du succès serait donc le degré d’accès à ces services dans les salles de shoot. Collectivement, ces processus sont appelés « accès aux services ».

La preuve disponible semble écrasante en faveur de la supposition d’accès aux services. En ce qui concerne les services fournis sur les sites, des études ont toujours soutenu que le taux d’utilisation était haut. Les études des salles de shoot à Rotterdam et Hambourg ont constaté qu’une vaste majorité de personnes interrogées (entre 88 et 89 %) utilisent au moins un des services de ces salles. Mais la nature de ces services est douteuse.

Dans l’étude de Rotterdam, les services que les toxicomanes mentionnent le plus sont « café et discussions » (73 %) et « manger un repas » (47 %). Des services plus conventionnels comme « soins médicaux » (37%) ;
« infos sur les thérapies » (19 %) et « infos sur l’usage à moindre risque de drogues » (15 %) étaient cités moins souvent. De même, les sondés d’Hambourg citent le plus souvent « rencontrer des gens » (53 %). Les requêtes pour « consultations » (36 %), « services médicaux » (28 %), et « infos sur usage de drogues plus sûr » (5 %) sont loin derrière.

Deux points méritent d’attirer l’attention :
Premièrement, l’incorporation des activités sociales primaires en tant que « service » est douteuse. Cette trop large conception sert uniquement à grossir les statistiques.
L’autre point qui ressort est le fait que peu de toxicomanes utilisent la salle de shoot afin d’accéder à l’information sur les pratiques d’une injection sans risque.

Pour étayer l’efficience des salles de shoot en tant que pont entre les toxicomanes et les services externes, il serait nécessaire de démontrer qu’ils n’auraient pas trouvé ces services d’une autre manière. Ceci est un obstacle quasiment insurmontable. Les marchés de la drogue urbains attirent souvent une véritable armée de travailleurs sociaux et autres qui apportent leur assistance. Il n’y a pas de support empirique à l’idée que les salles de shoot sont supérieures à d’autres dans ce domaine. En dernier ressort, considérer les salles de shoot comme un moyen de relier les toxicomanes aux autres services reste à prouver.