Eviter d'augmenter la criminalité locale  
     
  En réponse aux inquiétudes selon lesquelles les salles de shoot pourraient augmenter le crime dans leurs secteurs, quelques études sont arrivées à la conclusion que ce souci était infondé. Dans la littérature anglophone disponible, des études de Sydney et Vancouver ont toutes deux trouvé qu’il n’y avait pas d’augmentation du crime à la suite de l’ouverture de la salle de Kings Cross (Sydney) et d’Insite (Vancouver).

Ce que ni l’une ni l’autre des études n’ont fait assez bien, c’est de contrôler les facteurs contextuels, en particulier les effets des variations d’application de la loi. Pour revenir sur un point précédent, les tendances statistiques ne sont pas utiles pour faire des inférences causales. Il y a de nombreux autres facteurs qui doivent être pris en considération avant que n’importe quel résultat puisse être correctement évalué. Par exemple, pendant un an au commencement du programme Insite, le Département de police de Vancouver a placé quatre officiers de police juste devant le site pour assister le personnel en cas de besoin. Et 60 autres officiers étaient affecté au voisinage entourant immédiatement le site en tant que VPD’s Citywide Enforcement Team (communication personnelle, Inspecteur John McKay). Il est entièrement possible, et même probable, que cet apport concentré de ressources ait eu un effet appréciable sur le crime dans ce secteur. Au minimum, les effets de cette présence policière ne peuvent être ignorés, ils doivent au contraire, avec d’autres facteurs appropriés, être pris en considération dans l’analyse.

En conclusion, très peu d’études s’intéressent au « problème évident dont personne ne veut parler », c’est-à-dire savoir si les salles de shoot réduisent la consommation de drogue. En partie, c’est la manifestation d'un profond clivage idéologique sur le rôle phare des salles de shoot. Pour quelques avocats de ces salles, le simple fait de poser la question est déplacé et contradictoire avec les fondements philosophiques de la réduction des risques. Ceci est visible dans le langage d’évaluation utilisé autour des salles de shoot, qui a tendance à mettre en valeur la « stabilisation » et le « maintien » de la santé des UDIs. En revanche, les gouvernements posent de plus en plus la question d’une réduction de consommation de drogue comme centrale pour l’évaluation des salles de shoot. Pour déterminer si INSITE à Vancouver devrait être prolongé, le ministre fédéral de la santé du Canada a déclaré que la considération primordiale était de savoir si les salles de shoot contribuent à diminuer la consommation de drogue et combattre l’addiction.

Nonobstant un dégoût idéologique, les évaluations des salles de shoot devront rapidement se mettre au pas de ces réalités politiques.